Le bail

Nouveau bail au 1er octobre 2026 : qu'est-ce qui change pour un propriétaire ?

Pour tout bail signé ou renouvelé à partir du 1er octobre 2026, le contrat type change sur trois points : la clause résolutoire est réécrite (loyer, charges ou dépôt de garantie impayés, six semaines après un commandement de payer), une case facultative accueille le téléphone portable des parties, et le bail mentionne la servitude de résidence principale quand le plan local d'urbanisme l'impose. Vos baux en cours ne changent pas : ni avenant, ni nouvelle signature.

Publié le 23 septembre 2026 · Droit vérifié le 23 septembre 2026 · 9 min de lecture

Quels baux sont concernés, et à partir de quand

Un bail d'habitation ne s'écrit pas librement. Depuis 2015, il reprend un modèle fixé par décret, le contrat type, qui dit dans quel ordre et avec quels mots poser les mentions obligatoires. Il y a un modèle pour la location vide, un pour la location meublée, et la colocation à bail unique suit l'un ou l'autre. Le décret du 6 juillet 2026, publié au Journal officiel le lendemain, modifie ces modèles.

La règle d'application tient en une phrase du décret : il entre en vigueur le 1er octobre 2026 et s'applique aux contrats conclus ou renouvelés à compter de cette date. Conclu veut dire signé. Un bail signé le 30 septembre pour une entrée le 15 octobre suit donc l'ancien modèle ; un bail signé le 1er octobre suit le nouveau. C'est la date de la signature qui compte, pas celle de l'entrée dans les lieux.

Changement n° 1 : la clause résolutoire, réécrite

La clause résolutoire, c'est la clause qui met fin au bail sans qu'un juge ait à décider si le manquement est assez grave. Quand elle joue, le juge ne fait que constater que le bail est résilié, puis ordonne l'expulsion. Sans elle, il faut lui demander de prononcer la résiliation, et il apprécie : c'est plus long et moins sûr.

Le nouveau modèle la divise en deux. Une partie obligatoire, identique pour tous les baux : le contrat est résilié de plein droit pour défaut de paiement du loyer ou des charges, ou pour non-versement du dépôt de garantie, six semaines après la date d'un commandement de payer resté sans effet. Puis une partie facultative, que vous choisissez de garder ou non, qui ne peut contenir que les motifs que la loi admet.

  • Le défaut d'assurance. Le locataire doit assurer le logement contre les risques locatifs. S'il ne justifie pas de son assurance, la clause joue un mois après un commandement resté sans effet.
  • Les troubles de voisinage. Seulement quand ils sont constatés par une décision de justice devenue définitive. Une plainte des voisins ne suffit pas.
  • Le logement qui n'est pas la résidence principale. Seulement si le logement est soumis à la servitude décrite plus bas, et après le délai que le maire fixe dans sa mise en demeure.

Tout autre motif de résiliation de plein droit est réputé non écrit : un bail qui prévoirait la résiliation pour un animal, un retard de quittance ou une sous-location ne vous donnerait rien de plus. Vous pouvez écrire ces obligations, mais leur violation se discute devant le juge.

Six semaines, en pratique

Le délai de six semaines existe depuis la loi du 27 juillet 2023 ; avant, il était de deux mois. Le décret l'inscrit enfin dans le modèle. Il se compte à partir de la date du commandement de payer, que seul un commissaire de justice délivre. Pendant ces six semaines, le locataire peut tout payer, et la clause ne joue pas.

Outil, sans compteLe bail au contrat type du 1er octobre 2026, rempli en dix minutesRépondez à quelques questions : l'outil choisit le bon modèle (vide, meublé, colocation à bail unique), pose la nouvelle clause résolutoire, la case du téléphone et, si vous la cochez, la servitude de résidence principale. Sans compte, le document est créé dans votre navigateur.Créer le bail

Changement n° 2 : le téléphone portable, facultatif

Le modèle ajoute, sur la ligne du bailleur et sur celle de chaque locataire, une case « numéro de téléphone portable (facultatif) ». L'administration explique le but : pouvoir joindre vite un locataire qui ne paie plus, pour trouver une solution avant l'expulsion.

Le mot « facultatif » compte. Vous ne pouvez pas refuser de signer parce que le locataire ne donne pas son numéro, et il ne peut pas exiger le vôtre. Si vous préférez que le locataire vous écrive plutôt que de vous appeler, laissez votre case vide : votre email figure déjà au bail.

Changement n° 3 : la servitude de résidence principale

C'est le changement qui concerne le moins de monde, et celui qui peut coûter le plus cher à ceux qu'il concerne. La loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, permet à certaines communes de réserver des secteurs de leur plan local d'urbanisme aux résidences principales : les logements neufs qui y sont construits ne peuvent pas devenir des résidences secondaires ou des meublés de tourisme. Seules les communes soumises à la taxe sur les logements vacants, ou qui comptent plus de 20 % de résidences secondaires, peuvent le faire.

Si votre logement est dans un tel secteur, le bail doit désormais le dire, avec cette phrase du décret : le logement est soumis à l'obligation prévue à l'article L. 151-14-1 du code de l'urbanisme. Et vous pouvez ajouter à la clause résolutoire le cas du locataire qui n'y vivrait pas à titre principal. Elle ne joue alors qu'après le délai que le maire fixe quand il met le propriétaire en demeure de régulariser.

Et un toilettage sans effet

Le décret remplace aussi, en tête des modèles, la référence à l'article L. 351-2 du code de la construction par l'article L. 831-1. C'est une mise à jour de numérotation, qui ne change rien à votre bail.

Vos baux en cours : rien à refaire

Un bail signé avant le 1er octobre 2026 reste régi par le modèle du jour de sa signature. Pas d'avenant, pas de nouvelle signature, pas de courrier au locataire.

  • La reconduction tacite n'est pas un renouvellement. À l'échéance, faute de congé, le bail continue aux mêmes conditions : il n'est pas réécrit, et l'ancien modèle reste le sien. Le nouveau modèle s'impose quand un nouveau contrat se signe, par exemple un renouvellement avec une proposition de nouveau loyer.
  • Une clause à deux mois reste à deux mois. Si votre bail, signé avant le 27 juillet 2023, prévoit que la clause résolutoire joue deux mois après le commandement, ce délai s'applique toujours : la Cour de cassation l'a dit dans un avis du 13 juin 2024. Les six semaines ne valent que pour les baux signés depuis.
  • Un bail sans clause résolutoire ne gagne pas la clause. Le décret ne l'ajoute pas aux contrats existants. Sans elle, un impayé se règle en demandant au juge de résilier : c'est l'occasion, au prochain nouveau bail, de repartir sur le bon modèle.

Ce que vous faites, dans l'ordre

  1. 1
    Ne touchez pas à vos baux en cours

    Ni avenant, ni nouvelle signature. Notez seulement, bail par bail, le délai de la clause résolutoire : deux mois ou six semaines. C'est votre calendrier si un impayé arrive.

  2. 2
    Jetez les modèles téléchargés avant le 1er octobre

    Un fichier Word gardé d'un ancien bail, un modèle imprimé, un PDF d'agence : pour tout bail signé à partir du 1er octobre 2026, repartez du nouveau contrat type.

  3. 3
    Vérifiez la servitude si le logement est récent

    Un logement neuf ou récent, dans une commune touristique ou tendue : un coup d'œil au plan local d'urbanisme, ou une question à la mairie.

  4. 4
    Proposez le téléphone, sans l'exiger

    La case est là pour joindre vite un locataire en difficulté. Un locataire qui préfère ne pas donner son numéro signe quand même.

  5. 5
    Gardez la partie facultative de la clause résolutoire

    Le défaut d'assurance et les troubles de voisinage jugés : elle ne coûte rien, et c'est le seul moyen de mettre fin au bail de plein droit pour ces motifs.

Les questions qui reviennent

Qu'est-ce qui change dans le bail au 1er octobre 2026 ?+

Le décret du 6 juillet 2026 modifie le contrat type des locations vides, meublées et des colocations à bail unique. La clause résolutoire est réécrite : le bail est résilié de plein droit pour un loyer, des charges ou un dépôt de garantie impayés, six semaines après un commandement de payer resté sans effet. Une case facultative accueille le téléphone portable des parties. Et quand le plan local d'urbanisme réserve le secteur aux résidences principales, le bail doit le mentionner.

Mon bail a été signé avant le 1er octobre 2026 : faut-il le refaire ?+

Non. Le nouveau modèle vaut pour les baux conclus ou renouvelés à partir du 1er octobre 2026. Un bail en cours reste régi par le modèle du jour de sa signature, et n'a pas à être signé de nouveau ni complété par un avenant.

La reconduction tacite de mon bail en octobre m'oblige-t-elle à changer de modèle ?+

Non. La loi distingue la reconduction tacite, où le bail continue aux mêmes conditions faute de congé, et le renouvellement, qui suppose une offre et un nouveau contrat. Un bail simplement reconduit n'est pas réécrit. Le nouveau modèle s'impose quand vous signez un nouveau bail, y compris un renouvellement avec une proposition de nouveau loyer.

Le locataire est-il obligé de donner son numéro de téléphone ?+

Non. Le décret écrit « facultatif », et il vaut dans les deux sens : vous ne pouvez pas faire dépendre la signature du numéro du locataire, et il ne peut pas exiger le vôtre. La case sert à joindre plus vite un locataire en difficulté, pour prévenir les expulsions.

Comment savoir si mon logement est soumis à la servitude de résidence principale ?+

Elle n'existe que si le plan local d'urbanisme de la commune a délimité un secteur où les constructions nouvelles de logements sont réservées aux résidences principales, ce que la loi du 19 novembre 2024 permet aux communes soumises à la taxe sur les logements vacants ou qui comptent plus de 20 % de résidences secondaires. Elle vise surtout des logements neufs. Le règlement du PLU se consulte en mairie ou sur le Géoportail de l'urbanisme, et votre notaire l'a vu à l'achat.

Que risque-t-on à signer un bail sur l'ancien modèle après le 1er octobre ?+

Le décret ne prévoit pas de sanction qui lui soit propre. Le risque est pratique : sans clause résolutoire valable, un impayé ne met pas fin au bail de plein droit, il faut demander au juge de prononcer la résiliation, ce qui prend des mois de plus. Et un bail qui oublie une servitude de résidence principale vous prive du seul levier contractuel si le locataire n'y vit pas.

Les textes qui s'appliquent

Sources vérifiées le 23 septembre 2026. Cette page donne de l'information, pas une consultation juridique. Votre contrat prime sur les règles générales, et un cas particulier se traite avec un professionnel.

Un bail au nouveau modèle, et tout ce qui suit la signature

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